Robe Swing !

J’ai profité d’une accalmie entre deux séries de lâchers de sceaux d’eau pour aller faire les photos de ce qui a été mon pire cauchemar couturesque depuis longtemps, la robe Swing de La Maison Victor. On a tous un projet comme ça, qui nous fait chier du début à la fin, qui nous donne envie de dire plein de gros mots, de pleurer et qui nous fait faire des records au lancer de tissu à travers la fenêtre.

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Pire cauchemar insidieux en plus car au départ, c’était plutôt bien parti. J’ai adoré de suite, dans le magazine de mars/avril 2016, cette robe ample mais féminine en suédine camel.
Certaines d’entre vous sur IG avaient remarqué que la robe tirait beaucoup au niveau de la tête de manche, comme si la manche était trop juste. On le voit déjà un peu même sur le cintre :

Ne voulant gâcher ma suédine à 15€ le m que j’ai bien eu du mal à trouver, j’ai donc fait une toile pour le corsage. Théoriquement, j’aurais dû faire un 36 élargi au 38 pour les hanches. Mais j’ai fait l’inverse : comme la manche et les épaules semblaient justes, j’ai gradé au 38 la carrure et découpé ma manche en 38. Le reste est en 36, vu l’ampleur, je pense que mes fesses pourraient passer sans problème.
Et la toile en chute de jean (à peu près la même élasticité que ma suédine, ça sert à rien de faire une toile avec un jersey plus extensible que le tissu définitif) ne plissait pas plus que ça. Gagné. Easy, me dis-je, fingerzinzenoze. Ben tiens.

Déjà, je lis le patron et je me dis « Tiens ? Y’a pas de doublure avec la suédine ? » Mais bon, je vois cette jolie mannequin avec sa robe qui ne la colle pas, je devine que ce modèle est l’attention des débutantes, alors je me dis « Mais, non, tu es encore parano, y’a pas de loup, vas-y fonce ! ».
Donc je fonce, je coupe mon tissu dans le biais et je commence à assembler. Premier cauchemar, ma MAC semble ne vraiment pas vouloir que je porte tout ce qui est suédine, simili-cuir et autre choses du genre. Je n’arrive pas à coudre ces matières. J’ai essayé toutes les aiguilles que j’avais, même les stretch comme on me l’avait conseillé. Même avec des aiguilles neuves, au bout de 10 minutes de couture, les points sautaient. Et pied téflon et compagnie. A la surjeteuse, ça passe beaucoup mieux donc j’étais soulagée, mais est venue l’étape de l’encolure.

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Second cauchemar. Je lis les explis et j’avoue être restée relativement perplexe. Pour former l’encolure, on vous demande de venir coudre un biais tout autour de l’ouverture pour ensuite le retourner vers l’envers du tissu. Jusque-là d’accord. On vient ensuite poser un thermocollant double-face (style ce que le suédois donne avec les rideaux pour faire les ourlets) entre la suédine et le biais pour que celui-ci soit fixé sans qu’il y ait de couture apparente. J’étais très dubitative parce que suédine + fer à repasser, on évite, on fait le strict nécessaire. Et ça n’a pas loupé, malgré l’usage d’une pattemouille, on ne voyait certes pas de couture apparente, mais alors l’épaisseur du biais avait marqué quasi tout le tour…

Là, passablement aigrie, je me dis que bon sang de bon soir, même pour une débutante pressée, c’est quand même pas compliqué et long d’assembler une doublure juste pour la robe. Comment faire compliqué quand on peut faire simple ?

Dans la foulée j’assemble à la surjeteuse manches et coutures côtés et je réalise un premier essayage, trop contente.

Et là, c’est le drame.
Troisième cauchemar.

Cette robe sensée être ample me collait au corps, mais alors partout : sur le ventre, le dos, les fesses… Horrible ! J’étais peut-être plus électrique du fait que je m’étais bien énervée sur le biais, mais même mes cheveux se dressaient devant la quantité d’électricité statique.
L’échec, la loose, cette robe avait tout pour finir à la poubelle. Elle a été roulée en boule et jetée rageusement dans un coin de l’atelier (en fait sous la table de coupe).

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(la vue de profil n’est pas la plus flatteuse)

Je l’ai laissée ainsi plusieurs semaines, dégoûtée comme je l’ai rarement été en couture. Je ne l’ai pas jetée car je savais au fond de moi que ma première inspiration de zapper cette saloperie de biais pour venir appliquer une doublure était la solution et que ce serait sans doute rattrapable. Mais j’avais besoin de faire autre chose pour me changer les idées.

Je suis allée acheter de la doublure anti-statique marron chez Toto à Lille peu après, mais je ne l’ai pas reprise de suite. C’était au mois de mai, lorsque nous avons eu une brève incartade estivale (ah bah oui, c’était y’a longtemps, je suis pas du genre ponctuelle sur ce blog). J’ai cousu quelques tops, un pantalon, une robe…
Et puis un dimanche, j’ai tripatouillé ce biais thermocollé pour voir un peu si je pouvais y revenir et en fait, ça colle que dalle ce truc !
swingJ’ai tiré tout doucement pour décoller ce biais, je l’ai décousu. Malheureusement, j’ai dû recouper sur la ligne de couture car celle-ci était bien abimée. Mon encolure serait donc plus large.
J’ai coupé ma doublure uniquement pour la robe, pas les manches. Je l’ai assemblée beaucoup plus vite que je n’en ai mis à poser ce biais et je l’ai posée endroit contre endroit sur ma robe et j’ai piqué autour de l’encolure. J’ai couru dans ma salle de bains pour l’enfiler. Et là, miracle ! Ca ne collait plus, l’aplomb était le même que dans le magazine, danse de la victoire !

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Coucou la doublure ! C’est sympa de venir dire bonjour, mais ce serait cool si tu restais tranquille, merci.
L’encolure est plus large de 1 cm partout, mais ça se gère, les épaules restent en place, le soutif s’échappe de temps en temps au dos mais pas plus que ça.

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Celles qui ont de bons yeux verront que j’ai donné un coup de fer sur l’encolure devant, misère… Mais bon, je ne suis plus à ça près pour cette robe !

Pour les ourlets, j’étais bien embêtée : à la MAC, même pas la peine d’y penser. Alors pourquoi ne pas utiliser ces 15 mètres de truc thermocollant ? Franchement, c’est pas la panacée mais je sais pas comment j’aurais fait sans. J’ai pas de grands espoirs quand à la longévité du truc mais j’en ai encore 10 mètres en stock ^^’

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En conclusion, un bilan hyper mitigé puisque j’adore ma robe, je la mets souvent mais alors, ça a été l’horreur. Si je la refais, ce sera en jersey !
Cette galère m’a quand même appris beaucoup de choses : plus jamais de synthétique en haut et pas chercher la complication, une petite doublure, c’est vite fait et ça résout beaucoup de problèmes ! Cela dit, la suédine, plus jamais.

 

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A propos Sandra

Un peu de couture, un peu de tricot pour une garde-robe faite maison !
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4 commentaires pour Robe Swing !

  1. Elsa dit :

    Que de galères! Mais le résultat est beau!

  2. Et ben dis donc !!! Elle revient de loin cette robe !!! J’ai l’impression que tu as eu tout ce qui pouvait se passer dessus … alors vraiment bravo pour ne pas l’avoir juste balancé parce qu’au final elle est vraiment très jolie !!! L’encolure, l’amplitude et ton tissu, tout est superbe !!!

  3. Hum ça vient donc de là ton aversion pour cette matière!!! C’est vrai que cette histoire de thermocollant double face me paraît à moi aussi douteuse… au moins on est toutes fixées maintenant! Et tout est bien qui finit bien, j’espère que vous ferez un long bout de route ensemble quand même après tout ça! 🙂 Elle est jolie quand même, et elle te va très bien!

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